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La Route des Vins d’Alsace sans voiture à bord du Kut’zig

La Route des Vins d’Alsace

sans voiture à bord du Kut’zig

Les escapades sans voiture sont parmi mes préférées. Que ce soit en train, en bus ou même en voiture, à condition d’être passager, j’aime avoir le regard libre — ou l’œil dans le viseur — pour observer le paysage qui défile : les vignes qui filent, les toits qui s’étagent, les clochers qui apparaissent puis disparaissent au détour d’un coteau.

C’est exactement ce que permet le Kut’zig, ce joli bus rouge à ciel ouvert que vous avez peut-être déjà croisé autour de Colmar et qui relie plusieurs joyaux du vignoble alsacien.

Le Kut’zig : kézako ?

Le Kut’zig est un bus cabriolet qui dessert, en boucle, le cœur de la Route des Vins d’Alsace : Colmar, Ribeauvillé, Riquewihr, Kaysersberg Vignoble, Turckheim et Eguisheim.

Le principe est simple : on achète un billet valable pour la journée, puis on monte et descend aux différents arrêts autant de fois que l’on veut. Pas besoin de suivre un itinéraire figé ni de se soucier de reprendre le volant.

C’est particulièrement pratique pour découvrir les environs de Colmar, mais aussi pour prendre le temps de visiter les villages, pousser la porte d’une cave ou s’attarder autour d’une dégustation.

Pour cette première virée, j’ai choisi trois étapes qui, mises bout à bout, forment une belle demi-journée — ou une journée complète si vous prenez le temps de visiter les caves et les musées : Colmar, le point de départ et d’arrivée, Turckheim et Eguisheim.

Trois ambiances bien différentes, toutes accessibles sans jamais reprendre le volant.

Colmar

Le point de départ et la capitale du vignoble alsacien

C’est ici que tout commence. Colmar est l’un des principaux points de départ du Kut’zig, avec deux arrêts en centre-ville : la gare et l’Office de Tourisme, place Unterlinden.

Avant — ou après — de grimper dans le bus, partez flâner quelques heures dans la capitale du vignoble alsacien. La Petite Venise et ses canaux, le quartier des Tanneurs, la maison Pfister, la collégiale Saint-Martin… Colmar concentre, dans un centre historique particulièrement compact, une densité de patrimoine assez rare.

Pour un photographe, c’est un véritable terrain de jeu : les façades colorées qui se reflètent dans l’eau de la Lauch, les maisons à colombages de la Petite Venise, les étals du marché couvert, les ruelles pavées… Une bonne partie du centre historique se découvre facilement à pied en une demi-journée, mais Colmar mérite largement qu’on s’y attarde davantage si le temps le permet.

Mais aujourd’hui, pas le temps de faire du tourisme : le Kut’zig m’attend.

Turckheim

entre remparts et sentier du Dragon

Après avoir traversé Ribeauvillé, Riquewihr et Kaysersberg, je descends à Turckheim.

J’emprunte la Porte de France, passage incontournable pour entrer dans cette petite cité fortifiée qui donne l’impression d’avoir traversé les siècles sans trop encombres. Direction ensuite l’Office de Tourisme, installé derrière la fontaine à la Vierge.

On m’explique que Turckheim a conservé une grande partie de son cachet médiéval, notamment avec ses trois portes historiques et les vestiges de son ancienne enceinte. On me donne les brochures nécessaires. Me voilà équipé pour partir à la découverte de la ville et de ses alentours.

Une fois le village exploré, direction les hauteurs avec le Sentier du Dragon. Ce parcours d’interprétation de 3,5 km longe d’abord les remparts avant de serpenter à travers le vignoble.

Le circuit est jalonné de tables explicatives et de « trouées de vision » offrant de beaux points de vue sur la vieille ville, la plaine d’Alsace et les collines sous-vosgiennes. Comptez environ deux heures pour en profiter tranquillement. Prévoyez de bonnes chaussures et laissez-vous guider par les QR codes disséminés le long du parcours pour en apprendre davantage sur les paysages et les terroirs traversés.

Accessible à tous, le sentier est une jolie manière de comprendre comment le vignoble a façonné Turckheim et son paysage.

Si vous restez à Turckheim jusqu’au soir, de mai à octobre, vous pourrez même assister à la ronde du Veilleur de Nuit, une tradition perpétuée par la ville. Le départ se fait juste derrière l’Office de Tourisme.

Pour ma part, je dois déjà repartir : le Kut’zig n’attend pas !

Eguisheim

Le village qui ne se photographie jamais assez

Si vous ne deviez faire qu’une seule halte sur la Route des Vins d’Alsace, beaucoup vous diraient de choisir Eguisheim. Et je les comprends.

Construit en cercles concentriques autour de son château, avec ses ruelles fleuries et ses maisons à colombages aux couleurs vives, Eguisheim offre un décor différent à chaque angle de rue. Le village a été élu “Village préféré des français” en 2013  et, une fois sur place, il ne faut pas longtemps pour comprendre pourquoi.

Prenez le temps de suivre les petites rues concentriques qui s’enroulent autour du château et de la fontaine Saint-Léon, plutôt que de foncer tout droit. C’est souvent en prenant ces détours que se trouvent les images les plus intéressantes : quelques fleurs au bord d’une fenêtre, un rayon de soleil qui accroche une façade, une cigogne perchée sur un toit…

Pour les photographes, Eguisheim est un terrain de jeu presque inépuisable. Le matin reste toutefois le meilleur moment pour profiter du village dans une atmosphère plus paisible et éviter une partie de la cohue estivale.

Enfin, Eguisheim compte également de nombreux vignerons tous plus talentueux les uns que les autres : n’hésitez pas à pousser la porte de leurs caves pour déguster le fruit de leur travail (en plus ils sont sympas !). En été c’est l’occasion de se rafraîchir un peu et en hiver, celle de se réchauffer pendant votre visite du marché de Noël.

Mais ça veut dire quoi Kut’zig ?

C’est un véritable clin d’œil local. En dialecte alsacien, « kützig » signifie à peu près « être ébouriffé », avoir les cheveux en bataille. Les créateurs de la navette ont repris ce mot pour baptiser leur bus sans toit : une manière espiègle d’annoncer la couleur, puisque voyager cheveux au vent à travers le vignoble finit immanquablement par vous décoiffer un peu.

Même le logo du Kut’zig joue sur cette idée, avec son « g » final qui se prolonge comme une mèche de cheveux ébouriffée.

Ce dernier trajet au grand air m’a remis les idées en place. Et je me dis que le bus porte particulièrement bien son nom. Une dernière image, un dernier regard sur les vignes qui défilent, et me voilà de retour à Colmar, terminus.

Sans avoir eu à chercher une place de parking, ni à reprendre le volant après une dégustation, le bus me dépose directement sur le parvis de la gare où mon train m’attend. 

Et finalement, c’est peut-être ça que j’aime le plus avec le Kut’zig : prendre le temps de regarder en toute liberté.

Vincent Schneider

Alsacien passionné par la photographie, j’aime mettre en avant ma région et tout ce qu’elle a à offrir à travers mon objectif. Paysages de montagne, vignobles, activités … Je vous livre à travers ces articles mes coups de cœur, mes bonnes adresses et mes spots photo préférés.